À partir d’enquêtes menées en établissements psychogériatriques et dans l’accompagnement du deuil, cet article propose une réflexion croisée sur les conditions de persistance de la personne « aux alentours de la mort ». En distinguant l’individu de la personne, il montre que celle-ci se donne comme une entité relationnelle qui, parce qu’elle est distribuée dans des souvenirs, des récits et des attachements, existe et peut être découverte ailleurs qu’en « elle-même ». Les pratiques de care comme les rituels funéraires sont alors analysés comme des dispositifs d’instauration à travers lesquels des êtres fragilisés ou absents demeurent présents en ce qu’ils continuent d’affecter ceux qui, proches ou professionnels, participent de leur maintien dans le monde.