De nombreuses personnes en situation de handicap souhaitent vivre chez elles plutôt qu’en institution. Pour ce faire, elles peuvent, avec une aide financière de l’assurance-invalidité appelée « contribution d’assistance », engager des assistant·es qui les soutiennent au quotidien.
Comment la personne en situation de handicap devient-elle employeuse des personnes dont elle dépend ? Que se passe-t-il pour elle et pour ses proches lorsqu’elle doit laisser entrer des salarié·es dans l’intimité de son quotidien ? Quels sont les droits et obligations de chacun·e ?
Par une approche socio-juridique, la recherche « Aux frontières du care » analyse cette prestation en croisant les points de vue juridique, institutionnel, professionnel et des personnes concernées. À contre-courant des dispositifs qui tendent à reconnaître, y compris financièrement, le travail des proches, la contribution d’assistance repose sur un contrat de travail conclu avec une personne tierce hors du cercle familial.
La recherche montre ainsi une redéfinition des relations d’aide et de travail, traditionnellement asymétriques : la personne aidée devient employeuse. Ce dispositif modifie l’autonomie des bénéficiaires, la reconnaissance du travail de care et le rôle des proches.