Adverbialiser le care

Une relecture de Joan Tronto via la théorie de la valuation de John Dewey

Démoraliser le genre des pratiques de care sans les dé-sentimentaliser : l'idée paraît contre-intuitive, tant l’effort entrepris par Joan Tronto pour matérialiser le care nous a appris à nous méfier des émotions. Or, Un monde vulnérable conduit à des impasses : le devoir de soin au principe de la réciprocité entre les participant·es est impossible à honorer ; la réification de la morale en un domaine situé hors de l’expérience empêche la reconnaissance publique du travail de care ; les activités de care peinent à se présenter comme des conduites intelligentes. Faisant dialoguer la théorie du care de Tronto et la théorie de la valuation de John Dewey, l’article vise à sortir d’un débat au sein duquel disposition et pratique sont mises en opposition. Il donne une consistance théorique à une approche adverbiale du care, puis la met à l’épreuve d’un terrain ethnographique réalisé dans un EMS (ou EHPAD) où vivent des personnes âgées atteintes de démences. Au détour de l’analyse de situations de care, il montre que les caregivers, dès lors qu’ils se saisissent des valuations affectivo-motrices des care receivers comme des moyens en vue du care, développent une éthique de l’enquête.

Auteur·e·s
Malbois Fabienne
Références

Malbois, F. (2025). Adverbialiser le care : Une relecture de Joan Tronto via la théorie de la valuation de John Dewey. Pragmata, 9, 176–220. https://revuepragmata.fr/wp-content/uploads/2026/06/pragmata-2025-n9-7.pdf