Des travailleurs et des travailleuses de proximité pas si proches ?

Cet article est issu d’une recherche effectuée dans le canton de Vaud concernant l’émergence des mesures de travail social de proximité destinées aux jeunes, afin de saisir les raisons de leur mise en place, la nature des missions dont sont investi-e-s les professionnel-le-s et l’impact de ces nouveaux métiers sur les professions du social. Les auteures ont effectué des entretiens qualitatifs avec des travailleur-se-s sociaux-ale-s de proximité. Deux questions orientent l’article : que recouvre le concept de proximité dans le contexte cantonal ? Quelles sont les pratiques de proximité des professionnel-le-s ?

Les résultats démontrent que cette notion ne va pas de soi et qu’elle constitue un concept à questionner. Les professionnel-le-s en effet en donnent souvent une définition floue et changeante, conduisant ainsi à des difficultés à rendre leur pratique visible et intelligible.

Deux modèles de travail qui peinent parfois à répondre aux besoins des jeunes et des institutions sont dégagés : le premier dit de proximité aidante se base sur « l’aller vers », caractérisé par une grande disponibilité spatiale et émotionnelle. Celui-ci est plutôt porté par les femmes et fait apparaître une « logique féminine » du travail social. Le second modèle quant à lui est majoritairement porté par les hommes et démontre une logique « masculine » calquée sur un mode entrepreneurial tendant à mettre en place des prestations dans un cadre clairement identifié et où les comportements sont tournés vers la performance. Ces deux logiques sont investies à des degrés divers par les professionnel-le-s.

Résumé : Sarah Kiani.

Auteur-e-s
Palazzo Clothilde
Prats Viviane
Richard Nicole
Références

Palazzo-Crettol, C., Richard, N., & Prats, V. (2007). Des travailleurs et des travailleuses de proximité pas si proches ? Pensée Plurielle, 15, 91-99.

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