La traite des êtres humains à des fins d’exploitation du travail: une réalité (mé)connue du travail social?

La traite des êtres humains aux fins d’exploitation du travail consiste à recruter des personnes ou à en faire le commerce dans le but de les exploiter pour leur travail. Cela touche le plus souvent des personnes qui sont déjà dans une situation de vulnérabilité, notamment les personnes issues de la migration.

 

Bien que pénalement condamnée en Suisse, tout porte à croire que notre pays n’est exempté de ce phénomène qui demeure un « angle mort » de l’intervention des professionnel·le·s du travail social auprès des populations migrantes. Et pourtant, ils et elles ont un rôle important à jouer autant dans l’identification que dans l’accompagnement et la prise en charge à divers niveaux des victimes potentielles et donc dans la lutte contre ce phénomène de nos sociétés occidentales.

Déjà associée aux Semaines d'Action contre la traite des êtres humains en 2017 et 2019, la Haute école de travail social et de la santé (HETSL) participe à l’édition 2021 consacrée à la traite des êtres humains aux fins d’exploitation du travail, sous forme de deux conférences-débats auxquelles les étudiantes et les étudiants de la HETSL ont pu participer dans le cadre du Module de formation « Vivre Ensemble ».

Une première conférence avec Claire Potaux-Vésy et Fabienne Reber de l’Organisation Internationale  de la Migration (Berne) ont permis aux étudiantes et étudiants de mieux comprendre la définition de la traite des êtres humains d’un point de vue sociétal mais aussi juridique:

« La traite des êtres humains est à la fois un crime et une atteinte aux droits de l’homme »

A ce jour, la traite à des fins d’exploitation sexuelle reste la forme la plus visible malgré une augmentation de l’identification de situations d’exploitation de travail. Le profil des victimes de la traite est fortement lié au type d’exploitation. En Suisse, plus de 500 victimes sont identifiées et assistées chaque année, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. De nombreux cas, en particulier d’exploitation de la force de travail restent non-identifiés.

Une deuxième conférence a permis d’analyser le phénomène migratoire à l’aune du droit et de l’action sociale avec l’intervention de Fabrice Berney, Secrétaire général de l’ASLOCA Vaud et Olivier Peter, avocat et spécialiste de l’assistance aux défenseurs·e·s des droits humains, des victimes de traite des êtres humains, de torture ou de mauvais traitements.