Introduction : Une grande partie des décès en Suisse a lieu à l’hôpital. Les suivis sont principalement assurés par des soignant·es non spécialisé·es en soins de fin de vie et peuvent avoir un impact sur leurs vécus.
Objectif : Explorer le vécu des ergothérapeutes et physiothérapeutes non spécialisé·es en soins palliatifs lors des suivis en fin de vie dans le milieu hospitalier aigu en Suisse.
Méthodes : Étude qualitative de type descriptif interprétatif. Des entretiens individuels ont été effectués, puis analysés avec une approche inductive.
Résultats : Les thérapeutes expriment des vécus variés liés à la fin de vie : colère et frustration face à des soins perçus comme inappropriés ou à des aspects d’organisation du travail ; tristesse face à la détresse et la séparation ; peur et angoisse face à l’incertitude de la mort ou de la capacité à accompagner le·la patient·e ; soulagement lorsque la mort met fin à la souffrance ; fierté lorsque l’accompagnement respecte le·la patient·e. Les thérapeutes expérimenté·es rapportent parfois une absence d’émotion.
Discussion et conclusion : La capacité à soulager la souffrance globale influence positivement le vécu des thérapeutes. Les plus expérimenté·es estiment mieux adapter la distance avec les patient·es et anticipent davantage la survenue des décès. Une bonne coordination et un accompagnement optimal réduisent la frustration et l’inconfort. Cette étude révèle la complexité émotionnelle vécue par les thérapeutes lors de l’accompagnement en fin de vie en milieu aigu et l’intérêt de prendre en compte les émotions.