Cet article met en évidence la montée d’une tentation autoritaire au sein des démocraties libérales, illustrée notamment par l’expérience politique de Donald Trump, mais également observable en Europe. Face aux crises contemporaines, deux voies s’opposent : une réponse autoritaire, fondée sur la contrainte, la verticalité et la mise à l’écart des citoyens, efficace à court terme, mais porteuse de dérives liberticides. La voie démocratique participative est plus exigeante, mais plus durable, car elle reconnaît les citoyens comme détenteurs de savoirs situés et acteurs de la transformation sociale. Les transitions actuelles ne peuvent réussir sans une modification des usages, ce qui suppose d’impliquer les citoyens plutôt que de les contraindre. Dans cette perspective, l’innovation sociale et le travail social jouent un rôle central en favorisant la coproduction des savoirs, la participation et l’émancipation, contrairement à une innovation technologique déconnectée de finalités démocratiques, susceptible de renforcer les logiques de contrôle. L’expérience trumpienne apparaît ainsi comme un révélateur des risques d’érosion progressive des normes démocratiques, nourrie par la défiance et les promesses d’ordre.