Grève pour l’avenir du 21 mai 2021 : déclaration de la HETSL !

En cette journée pluvieuse, le soleil a brillé à la HETSL ! A l’invitation de l’Association REESPIRE et de la HETSL une trentaine de membres de la communauté HETSL s’est réunie ce matin pour une journée de réflexions et d’actions. Après une ouverture percutante et engageante de Steven Tamburini, divers ateliers ont permis aux participant·e·s de se questionner sur nos modes de faire d’aujourd’hui et de proposer des pistes d’actions concrètes pour l’avenir. Voici la déclaration du jour.

Urgence climatique : déclaration des membres de la communauté de la HETSL pour des mesures environnementales et sociales ciblées

Engagé·e·s par la responsabilité sociétale et environnementale de notre institution, et conscient·e·s des devoirs moraux et civiques qui lui incombent de par la mission qui lui est confiée, nous, représentant·e·s de la communauté de la Haute école de travail social et de la santé Lausanne (HETSL), avons participé à une action climatique ce 21 mai 2021. Nous souhaitons voir celle-ci suivie d'effets, et formulons ci-après les transformations envisagées pour nos pratiques institutionnelles et de formation, arrêtées à l’issue de nos délibérations.

Nous entendons aujourd'hui agir pour limiter les impacts environnementaux de nos infrastructures et pratiques de formation. Il convient également de repenser les rôles des praticien·e·s et futur·e·s praticien·ne·s du travail social et de l’ergothérapie dans l'adaptation de notre société au changement climatique et la sauvegarde de la biodiversité. Dans une vision de prévention, nous souhaitons déployer ce qui est en notre pouvoir pour limiter les dommages qu'encourent nos écosystèmes. Il s’agit pour notre communauté, aux niveaux collectifs et individuels, de prendre conscience des leviers existants dans notre institution pour infléchir notre progression en matière de durabilité environnementale. Ils résident selon nous dans l’enseignement, la gestion responsable de nos infrastructures et la mobilité, et dans les modes de consommation promus au sein de notre communauté.

Nos préoccupations trouvent certains échos dans la stratégie durabilité de la Haute école de Suisse Occidentale (HES-SO), qui laisse place à la liberté des écoles pour définir leur périmètre d’action, dans un principe de subsidiarité. Par ailleurs la communauté internationale des travailleuses sociales et des travailleurs sociaux s’accorde sur la nécessité de tenir compte de l’environnement des personnes tant dans la dimension physique que sociale et structurelle, dans les pratiques professionnelles de développement social et économique.

Dans notre volonté de souscrire aux mesures environnementales énoncées ci-après, nous en appelons à la Direction de la HETSL et à son Conseil de fondation afin d’entériner ces décisions. Ou, tout du moins, de rendre possibles ces transformations, en accordant les moyens nécessaires. Cela tant sur les plans formels (objectifs stratégiques, vision, règlements internes régulant les activités du personnel de l’école, règlements des études, etc.) que matériels (financement, soutien logistique, communication interne).

 

Au niveau de la santé et des modes de consommation à la HETSL, nous décidons de :

  • Exclure la possibilité de ne rien faire. Expliciter des objectifs en ce domaine et prioriser les mesures de transformation de nos consommations
  • Mobiliser le service informatique pour développer les aspects éthique et écologique des services techniques dispensés et des outils à disposition
  • Pour implémenter des connaissances partagées en matière d’écologie : centraliser et diffuser des notices et guides pour des pratiques communes
  • Que les membres de la communauté soient formés, à des moments choisis de leur parcours dans l’institution, pour économiser les ressources et réduire leur empreinte écologique et numérique
  • Repenser les modalités d’évaluation, formatives et sommatives et limiter l’individualisation des performances aux niveaux estudiantins et professionnels, selon les principes d’une culture régénératrice
  • Fonder notre action sur des faits et connaissances scientifiquement prouvés
  • En matière de santé : revoir la journée du travail et des études pour offrir un droit à la déconnexion

Sur le plan des mesures d’adaptation des enseignements de notre école aux nécessités d’opérer une transition sociale écologique nous décidons de :

  • Souscrire au principe d’ancrer, à titre obligatoire, la transition écologique de façon transversale dans les différents enseignements et les méthodes pédagogiques. Investir les deux nouveaux plans d’études cadre pour renforcer ou implémenter l’écologie dans les cursus
  • Réaliser un rapport de situation sur les acteurs et les activités de l’école en matière de durabilité
  • Créer des espaces institutionnels d’information et de débat pour soutenir la réflexion collective (au sein des cours, dans l’organisation d’ateliers). Favoriser la prise de parole, l’expertise et l’engagement des étudiant·e·s
  • Implémenter et renforcer des cours sur la pensée critique, la désobéissance, les mouvements sociaux
  • Renforcer les liens et créer le dialogue avec les milieux professionnels intéressés à la transition écologique, notamment lors des formations pratiques
  • Développer l’expertise en matière écologique dans les profils de compétences des enseignant·e·s engagé·e·s

Sur le plan de la gestion de nos infrastructures et de la mobilité des membres de notre communauté, décidons de :

  • Réaliser un bilan carbone
  • Élaborer un plan climat (objectifs chiffrés et indicateurs de performance énergétique), avec un plan de mobilité et le renforcement des programmes d’optimisation énergétique des bâtiments
  • Rendre compte aux membres de la communauté HETSL et offrir un espace de participation pour traiter de l’avancement des travaux
  • Encourager concrètement les pratiques de sobriété digitale (Green IT)
  • Accorder davantage de temps de travail à la personne répondante durabilité de l’école pour réaliser ces engagements
  • Ces mesures sont conditionnées à l’allocation proportionnelle des ressources financières, notamment par la rétrocession de la taxe CO2