Enfance, jeunesse et familleNuméro 3 - 03/2026

Le point de vue d’un intervenant vacataire

Jon Schmidt, psychothérapeute familial FSP


Publié le

Je ne me vis pas comme un enseignant au sens académique du terme. Mon point d’ancrage est celui du praticien, psychologue et thérapeute de famille. Lorsque j’interviens à la HETSL, il s’agit avant tout de partager une expérience, un « know how » construit dans la rencontre avec les familles et les équipes, plutôt qu’un savoir abstrait. J’aborde la formation comme un espace d’échanges où le donner et le recevoir s’équilibrent, à l’image de la réciprocité chère à Ivan Boszormenyi-Nagy. 

Dans ce contexte notamment, j’ai souvent le sentiment d’apprendre autant que de transmettre. Les participant·es, par leurs contextes institutionnels, leurs réalités de terrain et leurs contraintes, m’ouvrent à d’autres manières de penser et d’agir. Cet aller-retour constant rend la formation vivante : un lieu où les savoirs s’expérimentent plutôt qu’ils ne s’enseignent au sens étroit du terme. 

Nous travaillons les situations cliniques, mais aussi les places et les rôles de chacun·e dans son activité professionnelle, notamment suivant la perspective systémique de Salvador Minuchin. J’essaie également d’ouvrir un espace sur ce qui nous amène personnellement à nos métiers. 

Ainsi, mon choix de devenir psychologue s’enracine dans une histoire familiale où j’ai occupé tôt une place d’écoute. Les étudiant·es portent eux aussi des résonances, des sensibilités, qui orientent leurs intérêts et leurs engagements. Les reconnaître fait partie de l’apprentissage. 

Dans cette co-construction, la diversité des expériences devient ressource et lien.