Cet article se base sur une recherche menée par entretiens qui a étudié, dans une perspective de genre, des expériences professionnelles dans lesquelles une(e) physiothérapeute juge que la sexualité menace ou perturbe le cadre thérapeutique, et les stratégies adoptées en conséquence pour préserver ou rétablir ce cadre. Pour analyser ces situations, les auteures mobilisent et revisitent l’approche des défaillances ordinaires (ambiguïté et erreur de cadrage) de Goffman (1991). Elles montrent que les défaillances de cadre étudiées sont sexuées : les attentes et les appréciations face aux risques encourus par les physiothérapeutes, de même que leurs conséquences en termes de stratégies d’évitement sont différenciées en fonction de leur appartenance sociale de sexe.