Communiqué

Le non-recours mesuré et expliqué : publication d’une nouvelle étude


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À l’occasion de la publication du rapport social 2026, le Canton de Vaud présente des données inédites sur le non-recours aux prestations sociales. Le rapport comprend également les résultats d’une étude qualitative mandatée auprès de l’Observatoire des précarités de la HETSL pour comprendre plus spécifiquement les causes du non-recours au revenu d’insertion (aide sociale).

Le Canton de Vaud publie aujourd’hui son nouveau rapport social, qui analyse l’évolution de la situation sociale de la population entre 2012 et 2022 et évalue les effets de la politique sociale cantonale. Le rapport met notamment en évidence l’impact déterminant des prestations financières dans la réduction du taux de pauvreté et présente, pour la première fois, des mesures chiffrées du non-recours aux prestations sociales. Dans ce cadre, le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) a mandaté l’Observatoire des précarités afin de conduire une étude qualitative visant à mieux comprendre les raisons du non-recours au revenu d’insertion (RI).

Comprendre ce que les chiffres ne disent pas

Menée par Émilie Rosenstein, Aline Duvoisin, Eric Moachon, Julien Debonneville et Julien Fakhoury, l’étude s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de personnes potentiellement éligibles au RI et de professionnel·le·s du secteur. Les résultats mettent en évidence que le non-recours au RI résulte d’une combinaison de facteurs individuels et structurels, parmi lesquels la méconnaissance du dispositif et de ses modalités d’accès, la crainte de la stigmatisation, mais aussi la complexité et la répétition des démarches administratives, en particulier pour des personnes déjà fragilisées. L’étude souligne que le risque de non-recours doit être compris de manière dynamique. Celui-ci peut survenir à différents moments du parcours des individus que ce soit en amont de la demande de prestation, lors des premiers contacts avec les services dédiés, au moment de constituer un dossier de demande de prestation, ou encore en aval, parmi les personnes qui perçoivent le RI mais quittent le dispositif prématurément. 

En mettant en évidence ces mécanismes, l’étude souligne que le non-recours ne peut être réduit au seul manque d’information. Il renvoie également à la manière dont l’aide sociale est perçue, organisée et mise en œuvre. Le rapport suggère à ce titre une diversité de leviers d’actions permettant d’agir contre le non-recours : le renforcement de l’accessibilité des prestations et services, la simplification des procédures, le développement de l’appui social et administratif, la formation des professionnel·le·s ou encore la documentation du non-recours plus généralement.

Les résultats de cette enquête sont repris dans le rapport social vaudois 2026 et disponibles dans leur intégralité sur le site du DSAS et de la HETSL (voir ci-dessous).

Renseignements

Prof. Émilie Rosenstein, responsable de l’Observatoire des précarités, tél. 021 651 03 03